
|
|
|
Je me souviens avoir assisté, il y a environ six ans, à un congrès de l'AFEP organisé à la Sorbonne, au cours duquel des professeurs enseignant dans les classes spéciales pour enfants surdoués au collège du Vésinet avaient insisté sur le caractère généralement superficiel des apprentissages de ces élèves. J'y vois au moins deux raisons : Effet lié à l'enseignement
Il me semble qu’à l’instar de tout élève, l'enfant surdoué essaie d'optimiser le ratio ["résultats scolaires" / "efforts fournis"] selon une perspective d'efficacité à court terme. Dans cette optique, une connaissance approfondie des matières peut se révéler inutile, voire nuisible. Plutôt que penser et s'exprimer de manière originale, l'étudiant a souvent intérêt à restituer les matières comme elles ont été vues en classe, et respecter ainsi la forme autant, sinon plus, que le contenu. Le cloisonnement exagéré des matières, l’importance minime accordée au transfert des compétences, le caractère livresque, non fonctionnel des apprentissages font de notre système d'enseignement le responsable indirect de l’investissement insuffisant et superficiel des élèves ! J’ai testé il y a quelque mois un enfant surdoué à qui son professeur de français avait retiré des points parce que, au cours d'un devoir qui l'intéressait tout particulièrement, il avait effectué trop d'exercices, parmi lesquels certains étaient plus difficiles et surtout plus intéressants à ses yeux que ceux qui lui étaient proposés (sic, car j'ai vu la copie !). Inutile de signaler que cet élève a très vite appris à ses dépens comment se comporter de manière conforme aux attentes de l'institution. Cet enfant avait pourtant été inscrit, à ma demande, dossier psychologique à l’appui, dans ce collège réputé (considéré comme très élitiste et très sélectif) de Bruxelles en " sautant " une classe ! Effet dû à l'instrument
de mesure
Cette situation est comparable à celle qui résulterait de la sélection de futurs athlètes de course à pied sur base d'un test initial consistant à courir 100 mètres et à qui l'on reprocherait par la suite de manquer de résistance dans les épreuves de fond ! Ma remarque vise moins les tests administrés individuellent par les psychologues. Je pense notamment aux tests de Wechsler (WPPSI, WISC, WAISS ...) dans lesquels il existe un compromis acceptable entre la vitesse - ingrédient nécessaire bien sûr - et la "profondeur". Malgré tout, même dans ces tests, pensons aux sous-tests de "performance", une importance exagérée est accordée au facteur "vitesse" (dans les sous-tests "cubes" et "arrangements d'images" e.a. on observe un effet "plafond" chez l'enfant surdoué dès l'âge de 10 ans - alors que le test est sensé mesurer le QI des enfants jusqu’à plus ou moins 16 ans ! - que seule la limite de temps imposée permet de masquer). Je songe en fait plutôt aux tests "papier - crayon ", dont le "Catell" ou le test des "dominos", pour n’en citer que deux. Les questions y sont généralement très faciles à résoudre (à quelques rares exceptions près) mais une importance exagérée est accordée au temps de passation. Il en va tout différemment des tests utilisés pour l'admission dans les sociétés à (très) haut QI (High IQ societies – QI > 150). Ces dernières recrutent leurs membres à l’aide d’épreuves dont la conception est très différente de celle des tests utilisés pour l'entrée à Mensa. À la différence de ces derniers, les questions sont généralement (très) complexes, ce qui fait que toute attitude superficielle à leur égard conduit immanquablement à un désastre ! Les biais culturels éventuels sont en partie éliminés par le fait que l’utilisation de référentiels est autorisée. On peut les considérer comme des tests “ cultur – fair ” (plutôt que “ cultur – free ”). Leur avantage incontestable réside dans le fait qu’ils ne sont pas soumis à un "effet plafond" corrigé (ou plutôt masqué) par la limite de temps. |
|
|
|
|
|
|